Une promesse alléchante n’est-ce pas ? Un travail simple, manuel mais pas très physique, que vous pouvez faire chez vous avec un salaire attractif. Mais est-ce une arnaque ? Dans l’immense majorité des cas, oui.
Le constat : Une arnaque dans 99 % des cas
Soyons clairs, la quasi-totalité des offres trouvées en ligne sont des escroqueries financières. Les vraies entreprises utilisent des machines industrielles rapides et rentables. Une automatisation bien plus pratique que d’envoyer le matériel, dépendre de l’humain et payer des aller-retours.
Voici comment fonctionne l’arnaque :
1 – On vous demande de l’argent pour recevoir le matériel. Dans chaque emploi salarié, c’est à l’employeur de le faire (art L. 1221-1 du Code du travail et art L. 1222-10 pour le cas du télétravail).
2 – L' »employeur » s’évapore une fois votre paiement reçu. Vous pouvez bien essayer d’envoyer des mails ou d’appeler, vous n’aurez aucune réponse de sa part.
3 – Vos colis sont refusés pour « non-conformité ». C’est le cas dans lequel vous recevez le matériel et effectuez le travail d’emballage. Vous les envoyez, et l’arnaqueur indique que le travail n’est pas conforme et refuse de vous payer.
4 – Vos coordonnées bancaires sont piratées. Il vous demande votre RIB, une copie de votre carte d’identité et peut alors vider votre compte bancaire et souscrire des crédits à votre nom.
Evidemment, aucun vrai contrat de travail n’est fourni. Il peut éventuellement y avoir une fausse charte ou d’un faux contrat. Parfois, le SIRET utilisé est celui d’une autre entreprise pour vous tromper.
Pourquoi ce « bon plan » n’existe plus en entreprise ?
Les entreprises n’ont aucun intérêt économique à sous-traiter ce travail chez des particuliers comme indiqué en préambule. Ce travail est désormais largement automatisé, des machines emballent plus vite et pour moins cher.
Et que dire de la logistique, transporter les pièces coûte trop cher en essence, en main d’œuvre, en entretien des véhicules. Sans compter la complication logistique et le temps à y consacrer.
Et quand bien même, les normes sanitaires posent aussi problème. Les entreprises sont soumises à des réglementations strictes (comme les normes HACCP pour l’alimentation ou les normes ISO/CE pour les cosmétiques et les dispositifs médicaux). Un environnement domestique est donc totalement incompatible.
Pour couronner le tout, il est impossible de vérifier le travail à distance. Qu’il s’agisse des poils d’animaux, de la fumée de cigarette, de l’humidité ou des odeurs de cuisine. Dans le commerce moderne, le zéro défaut est exigé, en l’absence de supervision, c’est très difficile à obtenir.
Les alternatives légales pour travailler de chez soi
Si le travail d’emballage à domicile se révèle être une arnaque, il existe d’autres tâches qui peuvent être faites à domiciles:
- La mise sous pli : Très rare, mais gérée par des routeurs locaux réels via des agences d’intérim ou France Travail, avec un vrai contrat de travail et aucun frais à avancer.
- L’artisanat : Créer et emballer vos propres produits (Etsy).
Les micro-services : Rédaction, traduction ou graphisme en ligne…. sur des plateformes come ComeUp ou Fiverr. - Les tests : Répondre à des sondages ou tester des applications via des plateformes sérieuses et spécialisées comme Toluna ou encore UserTesting.
- La garde d’enfants : Devenir assistant maternel agréé à domicile si vous obtenez l’agrément délivré par les services de la PMI (Protection Maternelle et Infantile) et le suivi d’une formation obligatoire.
- L’administratif : Assistance virtuelle pour des chefs d’entreprises (service client, téléprospection…).
- L’enseignement : Français, mathématiques, langues étrangères… via des plateformes comme Superprof.
- Pet-sitter : Garder les animaux de personnes s’absentant.
Comment repérer et éviter les pièges ?
En appliquant les règles suivantes, vous saurez séparer le bon grain de l’ivraie :
Premièrement, ne faites jamais d’avance. Ne payez jamais pour obtenir un travail, c’est à l’employeur de couvrir les frais, que ce soit pour acheter un kit, payer des frais de dossier, louer un ordinateur ou financer une formation obligatoire.
Ne donnez pas vos accès bancaires au départ. Cela doit intervenir uniquement après que le contrat de travail soit signé (et uniquement le RIB).
Cherchez le numéro de l’entreprise sur Infogreffe pour voir s’il correspond. Toute entreprise légale en France possède un numéro SIREN (9 chiffres) ou SIRET (14 chiffres).
Fuyez si le contact utilise une adresse Gmail ou Outlook. Toute entreprise sérieuse utilise des adresses emails professionnelles comme societe.recrutement32@gmail.com ou direction.rh@outlook.fr.
Et enfin, le salaire doit correspondre à l’offre. Un gros salaire pour coller des étiquettes n’existe pas. Il s’agit d’une tâche simple, répétitive et qui ne nécessite aucune qualification.
Que faire si je me suis fait arnaquer ?
Premièrement, bloquez votre carte bancaire pour éviter tout débit futur si vous avez donné des informations bancaires. Si un prélèvement a été fait de la part de l’escroc, signalez-le à la banque et demandez un remboursement. Vous avez 13 mois pour le faire, si la fraude est avérée, vous obtiendrez un remboursement sous un jour ouvré si le paiement n’est pas volontaire de votre part (article L. 133-24 du Code monétaire et financier).
Prenez aussi le réflexe de modifier les identifiants des sites sur lesquels vous avez utilisé le même mot de passe que sur la plateforme frauduleuse pour éviter le piratage de vos comptes associés.
Si vous avez envoyé des copies de vos papiers (carte d’identité, justificatif de domicile), restez vigilant face au risque d’usurpation. Suivez vos courriers postaux pour détecter des relances de banques inconnues et vérifiez auprès de la Banque de France que vous n’êtes pas inscrit au fichier des incidents de crédit (FICP).
Ensuite, rendez-vous en gendarmerie ou au commissariat, ou déposez une plainte en ligne via la plateforme officielle THESEE. C’est ce qui prouve votre bonne foi face aux banques et tribunaux si les escrocs utilisent votre identité.
Conservez toutes les preuves. Gardez les e-mails, les faux contrats, les messages reçus et les historiques de vos virements. C’est ce qui permet aux enquêteurs de remonter jusqu’aux coupables.
Faites aussi un signalement sur le site officiel Pharos pour faire fermer la fausse annonce afin d’éviter que d’autres personnes se fassent piéger.
Contactez Info Escroqueries pour terminer. Le 0 805 805 817 permet d’obtenir des conseils juridiques personnalisés pour vous accompagner dans votre démarche.