Xalaflix est un site connu des utilisateurs de sites de streaming illégal. Ce qui est plus méconnu, c’est comment il génère de l’argent, pas seulement grâce à la publicité.
Qu’est-ce que Xalaflix ?
Site de streaming gratuit, il est aussi illégal que l’est Facebim, autre géant du secteur. il ne dispose d’aucune licence officielle sur ce qu’il diffuse. Les ayants droit n’ont jamais donné leur accord pour cette diffusion.
Cette activité prive l’industrie légale de nombreux profits, conduisant à une baisse de budget pour les œuvres originales et une baisse de l’emploi direct et indirect dans le milieu de la création audio-visuelle (techniciens, intermittents, personnels des cinémas…).
PMP Strategy, cabinet de conseil en gestion stratégique, relaie en décembre 2020 que le manque à gagner est de l’ordre de 1 milliard d’euros pour l’ensemble des acteurs légaux. Pour l’état, c’est 322 millions d’euros de pertes sur les finances publiques.
Un cadre totalement illégal
Xalaflix est une plateforme illégale. Que vous soyez en France, en Suisse, en Belgique, en Algérie ou encore en Côte-d’Ivoire son utilisation est punie par la loi et peut vous faire écoper, si vous êtes Français, d’une amende pouvant être portée jusqu’à 1500 euros précise Eduscol. 7500 euros pour une personne morale. Même sans téléchargement.
Pas convaincu ? Aucune mention légale sérieuse ni contrat visible avec les ayants droit n’apparaît sur le site. Chose commune à de nombreux sites de streaming illégaux.
Si l’amende pour les utilisateurs peut être lourde, ce n’est rien en comparaison des responsables qui risquent jusqu’à 3 ans de prison et 300 000 € d’amende (article L.335-2 du Code de la propriété intellectuelle), auxquels peuvent s’ajouter plusieurs millions de dommages et intérêts ) verser aux parties lésées (producteurs, plateformes de VOD…).
Par exemple, en 2018, le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné l’administrateur du site Streamiz, 83,6 millions d’euros de dommages et intérêts à la Fédération nationale des distributeurs de films (FNDF) ainsi qu’à de grands studios hollywoodiens. Une information relayée notamment par Le Parisien.
D’où peut venir l’argent généré par Xalaflix ?
Ce site, comme les autres du même genre, ne sont pas contrairement à certaines idées reçues pas gérés par des passionnés altruistes, mais par des structures qui génèrent des revenus colossaux.
La publicité
Xalaflix ne propose pas d’abonnement payant comme le font les acteurs légaux comme Netflix ou Amazon. La source principale de revenus est la publicité, souvent très agressive et prenant la forme de pop-ups intempestives.
La revente de données
Il est aussi possible que les habitudes de visionnage des viewers soient tracées et revendues à des régies peu scrupuleuses. Les lecteurs peuvent intégrer des trackers enregistrant votre adresse IP, votre navigateur et vos habitudes de consommations pour y vendre à un courtier en données ou à une régie publicitaire qui l’utilisera pour faire du ciblage publicitaire.
Cela peut-même être utilisé pour du phishing. Par exemple, vous regardez un match de foot sur un site pirate. Un script espion enregistre votre adresse IP et votre passion pour le sport, puis revend l’info. Un acheteur malveillant croise cette adresse IP avec une fuite de données issue d’un site marchand. Il trouve votre nom et votre e-mail. Le jour d’une grande finale, vous recevez un e-mail (pouvant être du phishing) ultra-ciblé imitant une chaîne de télé, vous offrant un faux abonnement. Vous cliquez, vous entrez votre carte bancaire, et le pirate vous vole votre argent.
Le minage de crypto-monnaie
Cette possibilité est la moins connue, certains scripts peuvent faire miner de la cryptomonnaie via l’appareil du visiteur. Ce procédé, du doux nom de cryptojacking enclenche un script invisible en JavaScript qui s’exécute en arrière-plan.
Votre processeur et votre carte graphique sont exploités. Votre appareil est forcé de résoudre des calculs mathématiques complexes pour valider les transactions de cryptomonnaies. Une fois le calcul réussi, la cryptomonnaie est envoyée sur le portefeuille numérique du pirate.
Un article écrit par Binance a notamment donné l’exemple de hackers qui ont infecté 3,500 sites web latinos pour le minage illégal de cryptomonnaies, indiquant aussi que les plateformes de streaming piratées sont en tête de liste des types de sites utilisés.
Une stratégie de survie permanente
Le site change régulièrement d’adresse pour pouvoir continuer son activité et engendrer des profits. L’ARCOM, en charge de la lutte contre le streaming illégal, faisant régulièrement bloquer l’adresse du site. Ce qui porte le doux nom de « domain hopping ».
Dès qu’une adresse est bloquée, le site réapparaît sous un nouveau nom de domaine. Une véritable course contre les autorités qui se poursuit depuis plusieurs années.
